Merci à Maurice Schmitt de nous avoir permis de transcrire son ouvrage sur le site
Monographie édité en avril 1981
Maurice Schmitt Tagolsheim par Maurice Schmitt

Préface

Dans un livre paru à Belfort, vers 1920, sur les combats du Sundgau, nous avons trouvé ces lignes :
" Nous sommes au pied des hauteurs de Saint-Morand, à l'orée de la forêt de Walheim, et l'on se bat dans les prairies si vertes et si belles de Tagolsheim. C'est l'un des coins les plus gais et les plus poétiques de notre chère Alsace "...
L'un des plus jolis coins de l'Alsace ! Ne serait-ce que de la littérature ? Certainement pas ! Tagolsheim est effectivement l'un des lieux les plus intéressants du Sundgau, même pour de savants spécialistes : géologues, botanistes, historiens. Ce que l'auteur de ces lignes enthousiastes ne savait, peut être, pas. Ce que les gens de Tagolsheim, eux-mêmes, comme il arrive parfois, par habitude, peuvent ignorer.
Qui serait mieux placé pour le leur montrer, si ce n'est l'instituteur du village, Monsieur Maurice Schmitt, qui caresse ce projet depuis des années, et qui le réalise maintenant. Certes, il ne nous dira pas tout sur Tagolsheim, on remplirait facilement mille pages ! Il n'a pas davantage voulu, comme on le voit si souvent dans de telles études locales, répéter tous les épisodes bien connus de l'histoire d'Alsace. Il a donc choisi des points précis se rapportant plus particulièrement au village. Il nous donne, par là, une précieuse documentation. On l'appréciera certainement à Tagolsheim. Mais les érudits, qui s'intéressent au Sundgau, eux aussi, y découvriront de nombreux détails inédits et originaux...
Monsieur Maurice Schmitt a bien voulu, nous demander cette préface et quelques conseils. Nous l'avons fait avec plaisir, nous souvenant d'avoir si souvent traversé Tagolsheim, pour nous rendre de Zillisheim à Altkirch. Mais nous devons dire que dans ce travail, notre part est modeste, et c'est lui-même qu'il convient de remercier et de féliciter.
Robert Specklin

Introduction

En foulant les sentiers du Buxberg ou d'ailleurs, il m'est souvent arrivé de penser à tous ceux qui ont passé avant moi.
Ah si la nature pouvait parler...
J'ai essayé de lui arracher quelques secrets en travaillant de nombreuses heures sur des archives.
Ce travail n'est pas exhaustif et j'espère pouvoir le compléter. Toutes suggestions peuvent m'être adressées à Tagolsheim.
Je livre ici le fruit de mon modeste travail, sans prétention aucune. A présent je connais mieux Tagolsheim que mon village natal...
Qu'il me soit permis ici de remercier toutes les personnes qui m'ont fourni des renseignements; un chaleureux merci au professeur Robert Specklin qui m'a conseillé et a revu ce travail.
Je souhaiterais que les jeunes respectent tout ce que nos anciens nous ont légué et s'intéressent au passé. C'est tellement passionnant !

Maurice Schmitt

Génénéralités

Le ban communal a une superficie de 319 ha. Il est délimité par plusieurs bornes dont certaines portent la date de 1595.
Les collines environnantes ont respectivement pour le Buxberg 356 m. et le Semberg 338 m. d'altitude.
Le point le plus élevé se trouve derrière la forêt communale 366 m.
Dans la plaine de l'Ill vers Illfurth, on relève l'altitude de 266 m., point le plus bas, d'où une différence de 100 m. avec le point le plus élevé. Ce qui donne un charme particulier au relief local. Pente très raide et verdoyante (avec le buis) du Buxberg, pentes plus douces de la colline dite " Bois de Tagolsheim ".
Le ban se répartit de la manière suivante :
Forêts94,9607 ha.
Prés85,3585 ha.
Champs72,6751 ha.
Vergers15,9217 ha.
S.N.C.F.4,6879 ha.
Jardins4,2395 ha.
Carrière1,7654 ha.
Landes1,03 ha.
Il y a 224 locaux d'habitations...

Les armoiries de Tagolsheim

Picture
Elles sont toutes récentes, puisqu'elles ont été proposées à la commune le 2 janvier 1974. Elles s'inspirent un peu d'armoiries trouvées sur deux bornes-frontières (entre Luemschwiller et Tagolsheim, au lieu dit " Semberg ", d'une part, et entre Tagolsheim et Illfurth, au lieu dit " Mittlerer Buchsberg "). Picture
Borne frontière entre Tagolsheim et Illfurth portant la date de 1625. (L'Alsace, C. Kayser).
Ces armoiries présentent un croissant de lune, trois traits horizontaux parallèles et une date : 1625. Au revers de ces bornes on peut voir un lion en art héraldique.
étant donné que neuf autres communes du Haut-Rhin ont le croissant de lune (signe de fertilité) dans leurs armoiries, nous avons proposé d'y incorporer le buis, particularité locale.
Voir le projet adopté en page précédente.
" Taillé, au premier d'azur au croissant contourné d'argent, au second d'argent au rameau de buis de sinople ".
En langage courant, ces termes indiquent que l'écu est coupé en deux par une ligne diagonale et que la première partie, celle qui comprend le coin gauche du Haut de l'écu, est bleue d'azur avec un croissant de lune blanc (d'argent) dont les cornes sont tournées vers la droite, et que l'autre partie est blanche (d'argent) avec un rameau de buis vert (de sinople).

TAGOLSHEIM...

Le plus vieux document trouvé à ce jour, sans doute un faux fabriqué pour les besoins de l'époque, mentionne le nom de DAGOLFESHEIM et remonte à 977.
Ce document relatif à l'abbaye de Murbach stipule que l'empereur Otto II ratifie un échange entre l'abbaye de Murbach (l'abbé Beringer) et un propriétaire nommé Gotfried. Ce dernier échange neuf manses (trains de cultures) de Dagolfesheim et Heidwiller avec contrepartie en Brisgau. (Schoepflin, Als. dipl. 1,130).
L'orthographe change par la suite.
Ainsi Tagoltzhein (1345), Tageltzhein (1426), Tageltzen (en 1458, rôles de St Morand), Tagolczhein (1507), Tagelzhen (1544), Dacheltzheim (1559), Tagoltzheimb (1671) (Kunst und Altertum im Ober-Elsass Kraus F.X. p. 130). Souvent on écrivait phonétiquement de même FOLTZER a donné FOLZER...)
Bien entendu, l'origine du village est bien antérieure à 977. Mais avant de remonter le temps, on peut se demander ce que veut dire Tagolsheim ? D'après Dauzat (Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France), ce serait un nom d'origine germanique composé de Dagolf et heim, soit le foyer (heim) de Dagolf (nom de personne). Il semblerait que les noms à désinence heim soient d'origine franque (Langenbeck F.) et dateraient du 6ème siècle.
Ce qui prouverait que le secteur était habité en des temps assez reculés, ce sont les différentes découvertes archéologiques faites sur le ban communal.

Trouvailles archéologiques...

Des articles parus dans le " Altkircher Kreis-Blatt " signalent un crâne de Tagolsheim, trouvé au Willerfeld, analysé et décrit par le Dr René Collignon (10/02/1883). Le 22/07/1914 le Dr René Biery parle d'ossements découverts derrière la maison du maire Folzer.
Un autre article paru dans le journal du Sundgau, le 22.10.1924, parle d'ossements humains trouvés par un paysan en labourant un champ près de la gare.
Le 08.01.1947, un article de l'Alsace parle de vases funéraires, d'une hache en silex, de squelettes qui auraient été transférés au musée gallo-romain de Strasbourg...
Plusieurs études ont été consacrées à ces découvertes :
  • Les sépultures anciennes de Tagolsheim par MM. Bleicher et Mieg Mathieu (Bulletin du musée historique de Mulhouse, 1889).
  • L'article du Dr René Biery.
  • L'article du Dr René Collignon.
  • Les sépultures franques-mérovingiennes de Tagolsheim 1923 par Werner L.G.
  • Une étude de l'abbé Glory : la civilisation du néolithique en Haute Alsace 1942...
Les différentes trouvailles sont maintenant dispersées dans différents musées (Altkirch, Mulhouse, Strasbourg).
Ainsi on trouve à Altkirch le crâne analysé par le Dr Collignon, anthropologiste à Paris et correspondant de la Société d'histoire naturelle de Colmar, des débris de deux vases cinéraires celtiques, une hache en silex (et aussi un cantique manuscrit, daté de 1803 et rédigé par Thiébaut Brunner de Dannemarie, alors instituteur à Tagolsheim : c'est un volume relié 21 x 35 cm.).
L'étude de Glory recoupe un peu l'ensemble de ces études. Nous lui laissons la parole.
GLORY : la civilisation du néolithique en Haute Alsace p. 186-187.
Vers 1868, au vieux chemin dit Widenhag, à 2,50 m. de profondeur dans le loess normal, à mi-côte au-dessus de la tranchée de chemin de fer, on a exhumé un squelette, couché sur un foyer, entouré de six gros blocs de grès vosgien 64 B.S.H.N.C. 1881-1882 p. 4. Matériaux V, public. p. 45, note N° 1.
Près de lui, on a recueilli des fragments de poterie provenant de deux vases ornés, l'un, d'impressions digitales régulièrement espacées sur le bord; l'autre, d'un rebord mince gravé de petits traits obliques paraissant faits avec l'ongle. La pâte est très grossière, noire et mal cuite. Le Dr Collignon ajoute : " Ces vases sont identiques à ceux du palafittes et me semblent devoir être attribués à l'époque de la pierre polie ".
Le style du décor des poteries, le rite d'inhumation sur foyer entouré de blocs de grès, indiquent déjà l'énéolithique ou le commencement du bronze influencé par la civilisation dolménique. Homme âgé de 50 à 70 ans, dolichocéphale à indice 72.
Dans le même talus dominant la route de Tagolsheim à Altkirch, côtoyant l'Ill, 14 squelettes humains avaient été glissés, allongés de l'ouest à l'est, la tête à l'ouest, dans des espèces de couloirs creusés dans le loess; les corps parallèles entre eux, espacés régulièrement de 2 à 3 m, étaient superposés en quinconce. 65 : planche V fig. 1 et 2 dans Matériaux V, public. et pl. VII, A B C. Au côté gauche de la tête se trouvaient des fragments de pots ou de vases à fond plat, en terre noire très sableuse, à gros grains de quartz et paillettes de mica.
Un fragment de mâchoire supérieure de jeune porc et une défense de sanglier gisaient dans une tombe. L'un des squelettes était recouvert de 2 dalles non taillées, en pierre, d'environ 70 à 75 cm2, accompagnées de nombreux cailloux de l'Ill.
En 1871, un autre squelette a été exhumé entre les dalles.
Bleicher exclut l'époque barbare qui possède une céramique à pâte plus fine. Les dalles calcaires sont frustes et non taillées (66 L.G. Werner, les sépultures franques-mérovingiennes de Tagolsheim p. 1 1925 et A.W. Naue Vorrömische Metallzeit im Elsass, 1905, p. 520).
Les ossements sont anciens et friables. Bleicher voit beaucoup d'analogie avec la tombe de Bollwiller et place ces squelettes, soit à l'époque de la pierre polie, soit au bronze, entendu dans son sens le plus large, ce qui n'est guère compromettant.
Les arguments en faveur de l'époque néolithique sont :.la présence d'offrandes de sangliers et de porcs, le coffrage de dalles frustes et non taillées. Au contraire, d'après Werner (lettre du 4/1/1940) les poteries de cette fouille (musée de Mulhouse) accusent nettement l'époque barbare, confirmée par l'index crâniométrique de méso-dolichocéphalie. Certains sarcophages barbares sont aussi construits en partie de cailloux, en l'absence de dalles assez grandes.
Comme les fouilleurs de 1871 n'ont pas mentionné d'autres observations, il semble difficile de lever le doute qui reste entier sur l'âge de ces sépultures...
Au Moyen-âge, Tagolsheim faisait partie de la seigneurie d'Altkirch, autrichienne jusqu'en 1648 puis française, et dépendit d'abord de la mairie de Hundsbach, puis plus tard d'Aspach (Le Sundgau, P. Stintzi, p. 297).

Où l'on parle de nobles de Tagolsheim

(Ernest Meininger : l'Ancienne Noblesse de Mulhouse 1924) p. 81.
Dans le livre cité ci-dessus E. Meininger parle d'un Georges de Tagolsheim, mentionné dans un document de 1364, concernant la fondation d'anniversaires chez les Franciscains de Mulhouse, moyennant des rentes sur divers biens, notamment sur une maison et une cour situés dans cette ville et ayant appartenu aux nobles de Tagolsheim, mais actuellement à Nicolas Klingler et ses héritiers (archives de Mulhouse).
En 1463 est cité Jean de Tagolsheim, dans le dernier compromis entre la ville et les Wagner, qui est scellé par lui au nom de ces derniers. En 1547, il est question dans un document des archives de Mulhouse, de la cour de ce Jean de Tagolsheim, située dans la rue des Franciscains. Elle fut plus tard celle des Finck et s'élevait à côté de celle de la cour des Hohenfirst, qui l'avaient héritée des nobles de Wunnenberg.
D'après E. Meininger les guerres incessantes du Moyen-âge et les incursions de hordes armées qui en étaient la suite, chassaient les petits seigneurs de leurs châteaux peu fortifiés de la plaine et ils étaient heureux de trouver un refuge sûr derrière les solides remparts des agglomérations urbaines, où ils avaient d'ailleurs tous une propriété qui, en leur donnant droit de cité, leur ouvrait l'accès aux fonctions publiques rétribuées dans les périodes où ils ne faisaient pas campagne. Les demeures en question s'appelaient des cours nobles et servaient aussi d'abri aux femmes et aux enfants des chevaliers partis en guerre.

Le " château " de Tagolsheim

Nous n'avons pas trouvé trace d'un quelconque château ayant appartenu à l'un des chevaliers cités plus haut.
Il s'agit tout simplement de la villa habitée par les patrons successifs de l'usine. Elle a été construite vers 1890 et son premier occupant fut Edouard Schmerber.

4 villages disparus sur le ban communal

Le souvenir de trois villages disparus est resté vivant, puisque certains lieux dits ont hérité de leur nom : Willerfeld, Willermatten, Krispingerfeld, Rollingermatten... Par contre, on a complètement oublié la localité disparue du " Geisbrünnle ".

Willer

Ce hameau disparu semble s'être situé à cheval sur la commune d'Illfurth (Burnkirch) et celle de Tagolsheim. Il est mentionné dans un urbaire de St-Morand de 1421, " Item 1 Juch hinder Burnkilch... " (L.G. Werner). Y-avait-il une station romaine ? Où était-ce une localité mérovingienne ? Peut-être que des fouilles permettraient-elles de le confirmer ou de l'infirmer. Toujours est-il qu'on parle d'un Herrenweg (ancienne route romaine) venant de Balschwiller et menant à Bruebach en passant par Tagolsheim.
On a aussi découvert au Willerfeld une hache en silex, un squelette, des parties d'une urne...
En l'état actuel de nos recherches on ne peut préciser la date de disparition, pas plus que celle de l'origine. Mais le Willer de Tagolsheim semble se rattacher à la Burnkirch d'Illfurth.
Les récents travaux de Monsieur Schweitzer à la Burnkirch prouvent que le secteur était habité en des temps assez reculés. Cependant rien ne permet à ce jour de préciser exactement l'époque.

Rollingen

Cet ancien village disparu se situait au pied du Buxberg, au lieu dit " Geiber ". L'Ausser-Dorf avec l'église paroissiale peut être considéré en gros comme une partie du vieux Rollingen, qui est plus ancien, sans doute, que Tagolsheim.
D'après Stoffel, le nom de Rollingen dériverait de Rolliniacum ou Rolliacum, domaine de Rollio. Il serait donc d'origine romaine, a été germanisé par la suite, " ingen " ayant remplacé " acum ". Mais laissons la parole à L.G. Werner (Les villages disparus en Haute-Alsace).
" Abstraction faite de la citation de cette localité dans la charte faussée de 823 du couvent de Masevaux (Grandidier), Rollingen figure en 1285 dans un registre du couvent de Klingenthal " neben der Kilchen gab vom Ruolingen " (Arch. de Bâle K). Une autre charte de 873 (Alsatia diplomata p. 70) parle de biens à Rollingen.
Un acte du 10/1/1296 cite un Heinricus de Rollingen économe de l'hôpital des pauvres de Bâle (Trouillat, Monuments de l'histoire de l'Ancien évêché de Bâle - Cartulaire de St-Léonard fol. 27 a).
Dans un mémorial de l'hôpital de Bâle de 1345, on mentionne " ein Hof Ze Rolingen lit bi dem sode... an den Matten von Rollingen (Arch. de Bâle, E). Un livre terrier de St-Morand de 1421 signale le " Sant Ludgeryen guot von Rollingen das widmen von Rollingen " (Stoffel, Wörterbuch, p. 454).
Paroisse du décanat du Sundgau en 1441, avec un recteur et un vicaire, l'église était consacrée à St-Léger sous le patronage des barons de Ferrette. Dans la translation du livre des fiefs autrichiens d'Alsace et de Brisgau, en 1459, figure " la collature de Röllingen " et en 1520 " la dixme de Röllingen ". (Arch. de Belfort D.D.2). Une cour colongère est mentionnée en 1583 : " zinst in dinckhoff gehn Ruelingen " (Arch. communale Luemschwiller).
Le village a dû disparaître partiellement au 17° s. peut-être à l'époque de la guerre de 30 ans.
Un renouvellement des redevances des seigneurs de Ferrette au 18ème s. signale l'emplacement de l'église comme suit " unter dem Buxberg in der Relingermatten ".
Un renouvellement des redevances de Ste-Claire de Bâle cite à la même époque " hinter der kilwarthaus von Relingen ", tandis qu'un registre des redevances de Tagolsheim, du même siècle, dit " zinst einem jeden Kirchherrn von Rollingen " (Stoffel Wörterbuch p. 454). Ces citations prouvent que le village n'a pas été détruit au 15° siècle comme on l'a prétendu de divers côtés, (Claus, Wörterbuch, p. 912) ou au 17ème siècle. Du moins la destruction n'a-t-elle pas été complète, puisque l'église paroissiale actuelle de Tagolsheim subsiste encore, avec les maisons qui l'entourent. C'est le nom qui a changé.
Le ban de Rollingen dont les habitants se sont retirés à Tagolsheim et à Walheim a été partagé entre ces deux villages. Les " Rolingeois " de Walheim se sont réinstallés plus tard près de l'Ill, à l'est de cet endroit, et portent encore de nos jours le surnom " D' Role ".

Crispingen

Ce village disparu a laissé son nom aux champs " Krispingerfeld " dans le ban communal. Il était situé sans doute à cheval sur les deux communes de Walheim et Tagolsheim.
La terminaison de Crispingen est germanique, sans doute d'époque alémanique, mais pourrait avoir une origine romaine comme le pensent Kaspers (1938) et Stoffel : Crispiniacum, domaine de Crispus (Crépin).
Les rôles de St-Morand (L.G. Werner) citent en 1421 la localité Kryspingen. La tradition fait remonter les origines de ce village au XIIème siècle.
L'église de Crispingen était celle de Walheim (comme Tagolsheim allait à Rollingen à un moment donné... voir Rollingen). Par la suite ce fut l'inverse, Crispingen fut incorporé à Walheim.
Au 17e s. la collature était dans les mains de la ville de Thann, la famille Mazarin la possédait jusqu'en 1785, puis elle passa au duc de Valentinois.
Différentes archives citent le nom de Krispingen.
Ce village a été détruit, lors des invasions des Armagnacs, dit-on et son souvenir nous a été conservé dans des cantons ruraux.

Geisbrüennle

Voici ce qu'en dit Robert Specklin.
Au nord de Walheim, se trouve le lieu-dit " Geisbrünnle " " Geiss ", ou " KAES " est très répandu dans le Sundgau, et ne peut guère s'expliquer que par la déformation de " casa ", mot roman mais pas nécessairement romain. Ce Geisbrünnle se trouve à la limite du ban de Tagolsheim, au pied de la colline de Walheim, à l'endroit où débouche un grand ravin appelé " Kadereck ". Or, ce mot est également d'origine latine (cataracta); il est entré dans la langue germanique et se retrouve ça et là, en Hesse et dans le massif schisteux rhénan, dans le sens de ravin. Le Kadereck aussi appelé Geisenböhnlegraben contenait une caverne, où les habitants de Walheim se seraient réfugiés pendant les guerres, et qui aurait encore été accessible vers 1900.
D'après une note de Biery dans la revue Caverne (N° 28, 1939), les gens s'y seraient réfugiés en 1870, 1815 et " déjà pendant la guerre des Suédois ". A l'endroit où le fossé débouche dans la plaine de l'Ill, se trouve le lieu-dit " Mertzen ", lui aussi très caractéristique dans le Sundgau et provenant, pour la plupart des auteurs, de saint Martin ou de saint Maurice, suivant les besoins. Le lieu-dit Sankt Martinsbrunnen relevé par Stoffel pour Tagolsheim dans les terriers de Saint-Morand semble confirmer cette explication. Mais sans doute faut-il penser, là aussi, à une forme primitive " meceria " défigurée par métathèse. Maceria veut dire " murailles ". On aurait donc trouvé là les ruines d'un bâtiment. Ainsi, " casa ", " maceria ", et " cataracta " s'ordonnent autour de la source dont il est question dans la principale légende de Walheim, celle du " féroce chevalier " et des trois vierges, et qui figure encore aujourd'hui sur les cartes topographiques.
En résumé, il y avait dans la région des localités gallo-romaines (Rolliacum, Crispiniacum). Elles ont été germanisées, sans doute au 5e siècle, par les Alamans, d'où leurs noms de Rollingen et de Crispingen. A partir du 6° siècle, elles tombèrent sous la domination des Francs, auxquels on peut attribuer la fondation de Tagolsheim, et du premier centre religieux des environs : la Burnkirch.

Les lieux-dits

Aux noms de lieux (Ortsnamen) s'ajoutent de nombreux lieux-dits (Flurnamen). Certains d'entre eux sont encore en usage et se trouvent dans l'atlas cadastral. Beaucoup d'autres ne sont connus que par d'anciens documents conservés aux archives. En voici une liste :
  • Am Rebackerkopf
  • Altenbach
  • Aufgangaeckerlein
  • Auf der Ihrten
  • Ausserm Dorf
  • Baye Matten
  • Beinmatten
  • Beim Brunnale
  • Beym
  • Creutzlen
  • Bodenacker
  • Bromacker
  • Brunmatten
  • Brunngraben
  • Buchsberg
  • Buckenberg
  • Burngasse
  • Crispingerfeld
  • Dinghof de Rolingen
  • Ebstel
  • Egelberg
  • Eisenwerck
  • Emmenstal
  • Eselsgrüt
  • Feldelen
  • Fusspfad
  • Gähenrain Gärten
  • Gassen
  • Geiberreben
  • Gemeindwald
  • Gistgraben
  • Gronenberg
  • Guckenmatten
  • Hasenacker
  • Haulen
  • Haumütlen
  • Hermansbume
  • Hinter den Zäunen
  • Hinterm
  • Holz
  • Hohrain
  • Hohlegasse
  • Holz (weg)
  • Hugelsgrund
  • Hungerbrunnen
  • Hustengarten
  • In der Quiquen Länder
  • In viden Egelé
  • Itenhag
  • Kaibacker
  • Kronenberg
  • Lachen
  • Lauterbach Hränckelé
  • Leitschen
  • Lutterbach
  • Margelacker
  • Merzengraben
  • Mittlere
  • Lângen
  • Mittelmatten
  • Moucken Sträng
  • Muermatten
  • Mühlweg
  • Müllerweg
  • Mutzenbach
  • Mutzemerquelle
  • Mutzemerrain
  • Mutzemerboden
  • Mutzmermatten
  • Mutzmerhöltzle
  • Mutzmerwegle
  • Nachtallmend
  • Nâgelberg
  • Neue acker
  • Niedere
  • Matten
  • Oben ans Colis
  • Oxenmatten
  • Ramsteinmatten
  • Rebackerkopf
  • Rolingen
  • Rolingermatten
  • Rolingerwithum
  • Sanct
  • Martinsbrunnen
  • Schämm
  • Schemme
  • Schönen Hötlein
  • Semberg
  • Steinacker
  • Stocketen
  • Strenglen
  • Setsenmatten
  • Thieffenthal
  • Traubachgasse
  • Unter dem Mutzemeholtz
  • Unter dem Wald Wahlenweg
  • Welschenhag
  • Walzmatten
  • Wellenberg
  • Wegscheid
  • Widenhag
  • Willerfeld
  • Willermatten
  • Willerstreng
  • Willeracker
  • Wuer
  • Wolfenfurt
  • Zentnerallmend
  • Zwigmatten
  • Zwischen den Gräben
On voit dans ce tableau des noms très curieux, et quelques-uns devraient remonter jusqu'à la fondation du village. Malheureusement, on n'en connaît pas l'origine exacte, mais seulement quelques détails. Ainsi :

OCHSENMATTEN

Comme dans chaque village paysan, il existait un taureau. Son propriétaire avait droit à une certaine surface de pré pour son entretien. Ce pré était donné gratuitement par la commune. Actuellement les terrains de sport occupent en grande partie les " Ochsenmatten ".
Dans les archives départementales, pièce N° 332 2 - économie sociale... 1867/1870, on peut lire :
" La pièce de pré site Ochsenmatten que la commune a l'habitude de louer moyennant la charge d'entretien du taureau, n'a pas trouvé de preneur lors de l'adjudication de la ferme des biens communaux... ".

Le rendement du pré n'est pas suffisant pour l'entretien de la bête. Aussi le conseil municipal vote 35F. de subvention pour l'entretien du taureau, en plus du pré loué 1F. Mais le cultivateur devra rembourser les particuliers qui feront saillir leurs vaches par un taureau étrangé, si celui de Tagolsheim est de mauvaise race...

Il existait aussi un " Aweracker " pour le tenancier du verrat. Il faudrait pouvoir le localiser exactement.
Enfin, Monsieur Monot Camille, un ancien de Tagolsheim m'a signalé l'existence d'une ancienne maison d'un berger sise entre les maisons Bach Thérèse et Roser Claude. Elle était très petite et habitée par un célibataire, qui menait paître les moutons sur le Bux, réputé pour sa pauvreté.

L'église

L'église actuelle est celle du village disparu de Rollingen.
Dans un extrait du Bulletin du musée historique de Mulhouse 1889, où Bleicher et Mieg parlent des sépultures anciennes, ils font allusion à la vieille église de Tagolsheim qui se situerait au bas du village entre l'Ill, semble-t-il, et la voie de chemin de fer ! Mais rien ne prouve exactement son emplacement, ni même son existence.
Sans doute, tombant en ruines, menacée par les crues de l'Ill, ne l'a-t-on pas reconstruite. Dans un document daté du 16.04.1748 (archives de l'église), sur ordre de l'évêque de Bâle, Pierre Paul Pflieger, curé de Landser visite l'église pour faire un devis des réparations à effectuer. On se réunit à la maison curiale avec le maire quelques jurés et bourgeois de Tagolsheim. Le délégué de Madame la baronne de Ferrette, du domaine de Carspach, ne vient pas...
Le curé Werner demande de faire reconstruire de nouveau la dite église à proportion de la grandeur de la paroisse.

Aussi l'évêque de Bâle, Joseph Guillaume décide le 10.05.1748 de faire démolir l'ancienne église et de construire une nouvelle à la même place.
Dans une lettre adressée à l'évêque de Bâle, les habitants de Tagolsheim lui rappellent que le 26.09.1749, il avait interdit de célébrer le culte à Tagolsheim et qu'il avait ordonné au curé Werner de célébrer l'office dans l'église de Luemschwiller. Le curé le fait quelque temps, mais disent les habitants " depuis 5 à 6 semaines, il reste dans l'inaction, et se contente d'aller se promener tantôt à Spechbach-le-Haut et tantôt à Hochstatt où son frère est curé ".
Les gens sont obligés de recourir à des ecclésiastiques étrangers pour administrer l'extrême onction et le baptême.
L'évêque, le 22.05.1750, oblige le curé à respecter ses engagements.
Il s'agit sans aucun doute de l'église de l'ex-Rollingen qui sera donc reconstruite après 1750, mais quand exactement ?
Dans une enquête de 1804, on parle de l'église construite il y a 40 ans, donc 1764 (voir article de M. Stintzi) ce qui pourrait être assez vraisemblable.
Cette église est consacrée à St-Léger, ceci s'explique par les possessions de l'abbaye de Murbach à Tagolsheim. Les deux autels latéraux sont consacrés à la Ste-Vierge et à la Ste-Trinité. Collateur : le baron de Ferrette, seigneur de Carspach, Liebsdorff et Benndorff 1777 (Trouillat tome V p. 104).
Cette église devient trop petite. Le 9.08.1838 sont adjugés les travaux d'agrandissement. L'église est prolongée de 4,60 m. (vers l'actuelle rue de l'église). Cet agrandissement est bien visible de l'extérieur. On détruit l'ancienne tribune. L'escalier d'entrée est supprimé et on construit l'actuel. Le plafond sera fait en plâtre, en remplacement de l'ancien qui était en planches.
Les premières orgues datent de 1838 (construites par Herésey). Elles sont restaurées autour de 1866, puis en 1923 où elles sont munies d'un moteur. (Au budget de l'église de Tagolsheim pour 1869 on note le traitement du tireur de soufflets d'orgue 6 F. du boursier-quêteur 20 F.)
On construit une nouvelle sacristie en 1866.
En 1865 on décide aussi de remplacer une partie des bancs et un siècle plus tard (1965), de faire recouvrir de zinc le clocheton !
L'église possède un tableau de St-Léger peint, par Sébastien Gutzwiller. La famille Gutzwiller est sans doute originaire du village disparu de même nom près de Magstatt. Elle s'établit à Uffheim, où le peintre est né en 1800. Il mourut à Bâle en 1872, avec un certain renom comme portraitiste. Le musée de Bâle possède quelques-unes de ses oeuvres. Les églises d'Uffheim et Obermorschwiller possèdent d'autres peintures. Les anciens fonds baptismaux qui datent, semble-t-il, de l'époque romane se trouvent à Altkirch.
Pendant la guerre de 1914/18 le presbytère et le clocher furent sérieusement endommagés, par l'explosion d'une grenade. Le clocher coiffé primitivement d'un clocher à batière, fut restauré en 1920. L'intérieur de l'église fut utilisé comme cantonnement par les soldats et abimé. On dut restaurer et renouveler en grande partie les vitraux.

Le monument au mort

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Le monument aux morts (L'Alsace, C. Kayser).
C'est une statue de Jeanne d'Arc, placée au fond de l'église. Elle date de 1920. Voici les noms des enfants de la commune tombés au champ d'honneur...
Guerre 1914 - 1918
  • Boetsch Léger 1914
  • Boetsch émile 1914
  • Bach Auguste 1915
  • Herbrecht Adolphe 1915
  • Wolf Auguste 1915
  • Wolf Eugène 1915
  • Boll Justin 1916
  • Boll Victor 1916
  • Schirmann Joseph 1916
  • Schirmann Victor 1916
  • Wolf émile 1916
  • Bach Eugène 1918
Guerre 1939 - 1945
  • Berbett Armand 1943
  • Folzer Pierre 1943
  • Fuchs Georges 1943
  • Sigrist Pierre 1944
  • Wolf Médard 1944
  • Harnist Léger 1945

La paroisse

Tagolsheim dépendit au spirituel, d'abord de l'ancienne église de Rollingen, déjà citée en 1285 " nebend der Kilchen gab von Rülingen ", et desservie en 1441 par un recteur et un vicaire. Elle figure encore dans un rapport de la visite ecclésiastique de 1603. Collateur le noble Ulric de Burheim, curé Jacques Klaser qui reste à Luemschwiller. " Il a deux paroisses à desservir, et comme il ne peut dire deux messes le même jour, nous avons exhorté les paroissiens à alterner, assistant tantôt ici, tantôt à Luemschwyller ".

On parle aussi d'un pommier toléré sur le cimetière, à cause de la pauvreté du sacristain, qui en a l'usufruit...

Avant la Révolution les nobles de Ferrette-Carspach en étaient collateurs.

Un document de 1650 (" visitation ") parle de trois autels à l'église et qu'il manque deux cloches.

En 1652 la paroisse dépend de celle de Walheim qui comprenait aussi Wittersdorf. L'église est en ruines, pas d'ornements, 6 bourgeois, 30 communiants, 86 âmes ! (D'après M. Schickelé : le doyenné du Sundgau).

En 1715, les gens de Tagolsheim veulent à nouveau un prêtre sur place " comme ils l'ont eu de tout temps, il y a plus de 100 ans... " (Il s'agit sans doute du prêtre de Rollingen).

Et c'est en 1720 que Tagolsheim devint une paroisse autonome.
Après la Révolution, Tagolsheim est une cure jusqu'en 1808, et devient alors annexe de Luemschwiller. Tagolsheim demande à nouveau à devenir paroisse. Une lettre d'André Koechlin, député-maire de Mulhouse, du 18.05.1841 rassure les habitants, en leur disant que l'érection en succursale, demandée par la commune est en bonne voie. Une nouvelle demande est faite le 17.04.1842. Enfin un décret du 6.10.1843 crée à nouveau la paroisse.

Les cloches

Elles jouent un grand rôle dans la vie des hommes.
Il semble qu'il y en ait eu trois de tout temps. En 1650 (après la guerre de 30 ans), il manque deux cloches.

En 1852 on décide de refondre les cloches que les habitants n'entendent plus sonner... Deux cloches sont fendues...
Le 4 août 1852 on confie ce travail à Perrin Martin, Robecourt, Vosges.
Poids des anciennes cloches : 270 kg. - 197 kg. et 141 kg.
Celui des nouvelles : 403,50 kg. - 281 kg. et 211,50 kg. (Budget Fabrique de l'Eglise de 1852).

En 1914-18, deux cloches poids 650 kg. aux notes " la 1/8 aigu " et " si 1/8 aigu " sont prises par les Allemands, pour en faire des canons, sans doute. On vola également les tuyaux d'orgue d'un poids de 213 kg. (Archives de l'église).

En 1924 a lieu la consécration des nouvelles cloches par le curé Ramseyer.

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Consécration de 2 cloches en 1924.

Sur les trois il en reste une (fondeur Perrin Martin) de 1852, qui a pour parrain Meyer et pour marraine Eugénie Foltzer.

Les deux nouvelles sont l'oeuvre de Georges Farnier - Robecourt (Vosges). L'une est consacrée à Saint-Léger, parrainée par Bach émile et Victorine Muller, et l'autre à la Sainte-Vierge, parrainée par Pflieger Joseph et Madeleine Friess.
Les cloches furent motorisées en 1928. Leur carillon : sol - la - si. Elles sonnent l'angélus à 6 h. - 11 h. et 20 h.
Une sirène installée sur le toit de l'école-mairie les supplée en cas d'incendie.

Le Presbytère et la grange dimière

Dans un document des archives paroissiales, il est question d'une lettre adressée au curé Werner, qui avait demandé la construction d'un nouveau presbytère, avec grange et étable. Selon la lettre, des experts sont nommés pour vérifier si de nouvelles constructions sont nécessaires, ou si on ne peut pas réparer les anciens bâtiments. Dans une séance extraordinaire du 29.07.1839, le conseil municipal vote les sommes destinées à la réparation du presbytère.
Ce dernier fut rasé (ainsi que la grange dimière, semblerait-il) en 1971 pour faire place à l'actuel presbytère.

Les Calvaires

Sur le ban communal se situent plusieurs calvaires, dont le plus vieux (j'entends évoqué dans la chronique) est celui qui se trouve à l'entrée du village, à gauche en venant d'Altkirch. En 1781, on cite une crue mémorable où l'eau traverse la route " bey dem Critzlein ". Son nom a passé dans le cadastre, puisqu'un canton se nomme ainsi. Le calvaire est sans doute encore plus ancien que cette date, mais nos recherches ne nous ont pas permis de trouver le motif de son érection. Cette croix a été détruite plusieurs fois et, semble-t-il, bénite en dernier lieu par le curé Ramseyer.
Un beau calvaire se situe non loin de la piscine et porte la date de 1778. Là encore, on ignore le motif de son érection (serait-ce en mémoire d'un bûcheron tué dans la proche forêt ?).
Dans le même secteur, près d'une ancienne carrière désaffectée, on trouve une autre croix dressée là en souvenir de Louis Burgy, enseveli sous le calcaire le 7 juin 1884.
Un quatrième calvaire enfin se dresse au bord du " Walheimerweg ". Mais là aussi, ses origines restent obscures.
D'une manière générale, ces calvaires rappellent un décès accidentel.
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Le calvaire de 1778 (L'Alsace, C. Kayser).

Les curés

Nous connaissons par une pièce des archives de Berne (Annuaire du Sundgau 40/42, p. 101) le nom d'un curé en 1653: c'est Melcher Kaspar, qui administrait en outre Walheim et Wittersdorf. On y enumère ses revenus. En 1715, le 16 juin, quelques bourgeois et d'autres personnes de Tagolsheim se présentent devant le greffier juré de la ville et seigneurie d'Altkirch. Ils rappellent qu'ils ont demandé il y a six semaines à son Altesse Mgr Jean Conrad, évêque de Bâle, un pasteur et curé particulier comme ils l'ont eu de tout temps, il y a plus de 100 ans... Ils énumèrent tout ce que la communauté donnera pour son entretien : argent, dons pour messe, une maison non achevée, trois-quart de vignes, un verger, le bois de chauffage, le droit de glandage, de mener ses bestiaux au pâturage (autant qu'à un bourgeois) la dîme en seigle, de l'avoine et des chaumes...

C'est alors qu'apparaît le curé Léonard Keller d'Aspach, 31 ans (1720); est collateur le baron de Ferrette, qui possède la moitié de la dîme, le grand doyen de Bâle un quart et le curé l'autre quart. Dédicace, le dimanche après la St-Gall, 18 bourgeois, 84 communiants, 24 âmes.
Ce fut ensuite Jacques Werner de 1724 à 1783, soit pendant 59 ans dont nous avons déjà parlé.
Lui succéda Jacques Jenn d'Ammertzwiller qui figura sur la liste des déportés. Amnistié, il revint à son poste (Grande Révolution).
On trouve ensuite Jean Dermineur de Luemschwiller à partir de 1841, André Schneiderlin de Réguisheim à partir de 1850, Joseph Schindelholtz de Niederhergheim en 1864, Antoine Waelterlin d'Ammertzwiller en 1868. George Thuet de Rumersheim en 1897, puis Ramseyer Eugène jusqu'en 1947, Baumann Paul jusqu'en 1956 (Le doyenné du Sundgau par M. Schickelé), et enfin M. le curé André Meyer.
Certaines personnes du village font des dons à la Fabrique de l'église pour fondation de messes. En 1846, trois soeurs Pflieger donnent à Mademoiselle Marie Kieffer une propriété à charge pour elle de faire célébrer quatre services anniversaires à Walheim et Tagolsheim de 3 mois en 3 mois avec une messe haute et une messe basse. (Archives départ. de Tagolsheim série I.0).
Un certain Boll Crépin fait un don et leg de 300F pour faire célébrer annuellement à perpétuité un service de l'office des morts pour le repos de son âme et celle de sa mère.
Rappelons aussi qu'un prêtre, l'abbé Wurtz est né à Tagolsheim en 1860. Il décéda en 1914 et repose au cimetière de Brunstatt. C'est lui qui a rédigé de nombreuses études historiques (sur Lutterbach, Pfastatt, le Burnenkreuz...).

Traces de Guerre...

La révolution

(Félix Schaedelin : L'émigration révolutionnaire du Haut-Rhin)
Un certain JENN Jacques (alias Hienne) curé de Tagolsheim, né à Ammertzwiller le 15.11.1752, fut déporté volontairement et porté sur la liste des émigrés du Haut-Rhin du 27.08.1793 sous le nom de Hienne. Il promit fidélité le 12 prairial an X et fut amnistié le 22 frimaire an. XI.
Il devint ensuite curé à Luemschwiller, puis à Hundsbach, où il mourut le 10.07.1826. En 1826, ses héritiers reçurent une indemnité de 1 524 F. (A.H.R. : L 446Q 68, 69 et 82).
Un certain MULLER Jean-Pierre de Tagolsheim, né le 21 juin 1726, capucin au couvent de Landser (P. Marquard) fut déporté volontairement en 1792. Rentré et déporté à nouveau après le 18 fructidor, il reçut le 18 prairial an X un certificat de non inscription sur la liste des émigrés. Il se retira à Zillisheim et y mourut le 31 janvier 1814 (A.H.R. Q 87).
WOLFF Jean-Thiébaud de Tagolsheim, cultivateur, porté sur la liste des émigrés, puis rayé... et WOLFF Joseph né le 26.09.1765 également cultivateur, porté sur la liste des émigrés le 7 brumaire an III comme réquisitionnaire, absent, rentré, rayé et éliminé de la liste le 5 prairial an IX...

Le premier empire

(A.D. du Haut-Rhin) N° 332 Tagolsheim N° 3 affaires militaires - charges de guerre)
Joseph Hueber de Wittersdorf réclame 97,20 F. pour un cheval fourni en 1815, lorsque les communes d'Aspach - Emlingen - Tagolsheim furent ensemble frappées de réquisition pour la fourniture d'un cheval de trait pour l'attelage des charrettes pour le service de l'armée française. La réclamation est acceptée et la commune paye sa quote part.

Le 2ème empire

La commune emprunte le 14.03.1871 3 000 F à madame Jeannette Anastasie Wild, rentière demeurant à Walheim, veuve de Jean-Baptiste Paris... Les emprunteurs déclarent que la somme est destinée aux dépenses et exigences occasionnées par la guerre...
Le 27.11.1870 le conseil municipal attribue à chaque garde national mobilisé la somme de 35F

Dans une autre délibération du 9.11.1870 on dit que des chevaux et des voitures ont été réquisitionnés par la Place de Belfort du 30.07.70 au 1.09.70. La commune rembourse les voitures abîmées et autres avaries.
En 1871, la commune doit payer 500 F à l'armée prussienne. Dans une délibération du 6/1/1871, le conseil municipal décide de payer sa part avec l'argent retiré de la vente de bois de la forêt communale.
Dans la séance du 28.02.1871, la commune fixe les indemnités dues aux particuliers (Folzer Léger, Huilier et Meyer Thiébaut) ayant subi des pertes par les réquisitions allemandes de chevaux et de voitures. Ainsi 9 F pour un jour, pour le transport d'un Uhlan de Tagolsheim à Mulhouse.

La guerre 1914-1918

C'est le combat du 19 août 1914 qui marqua spécialement la vie du village. Les Français et plus spécialement les fantassins du 163e régiment d'infanterie arrivent autour de 10 heures, par la forêt communale et descendent jusqu'au chemin de fer, puis à l'Ill. La fusillade éclate.
Des cultivateurs surpris dans les champs ne peuvent plus rentrer. L'infanterie allemande se retire sur les hauteurs, vers Luemschwiller. L'artillerie française arrose les positions ennemies. Une vingtaine de maisons sont touchées par les obus.
Le clairon sonne, on charge à la baïonnette. Vers la soirée, Tagolsheim est libéré. Dans le bulletin N° 6 de l'amicale du cent-six-trois de novembre 1939, on parle de 3 officiers tués, 5 blessés, 42 hommes tués, 209 blessés. Il semble qu'il y en ait eu davantage ! A Luemschwiller, on a dénombré en 6 emplacements des fosses communes avec au total 76 Français et 40 Allemands.
Dans le carnet de route d'un combattant, M. Courrech, adjudant-chef au 163° R.I. 6' Cie, on trouve des détails intéressants sur cette journée. Il y parle de la fatigue, de la faim, de baquets pleins d'eau additionnée d'un peu de vin, servie par les gens. Mais on défend aux soldats d'en boire, car on a peur qu'elle ne soit empoisonnée ! La musique joue l'assaut et on traverse l'Ill en ayant de l'eau jusqu'au ventre ! On se ravitaille au village, parfois sous la menace de la baïonnette. Le 20 août, on fait le compte des pertes...
Quelques jours plus tard, l'armée française se retirait, et les Allemands revenaient.
En 1916, le village est évacué. Beaucoup de personnes sont évacuées en Hesse près de Kassel jusqu'à la fin de la guerre. Pendant ce temps, l'armée allemande construit dans la forêt communale plus particulièrement, une série de casemates qui sont encore visibles de nos jours. Certaines galeries s'enfoncent d'ailleurs plusieurs mètres sous la terre.
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Un bunker de 14/18 (L'Alsace, C. Kayser).

La guerre 1939-1945

Pendant la guerre 39/45, la commune n'a pas été évacuée, ni bombardée. En se retirant, les Français firent sauter le pont de l'Ill, le 18 juin 1940 à 4 h du matin.
C'est durant cette matinée du 18 juin 1940, qu'arrivèrent les troupes allemandes. Luemschwiller fusionna avec Tagolsheim (Ortsgruppe Tagolsheim). Les principales rues furent débaptisées : Adolf Hitlerstrasse, Hermann Göringstrasse...
Plusieurs familles furent transplantées en Allemagne pour des raisons d'ordre politique.
Les organisations suivantes existaient : Opferring, NSDAP - HI (Hitler Jugend) - BDM (Bund Deutscher Maedel) - SA (Sturm Abteilung) - NS Frauenschaft.
La participation aux " Kreistage " de Mulhouse était obligatoire. La fête de la " Wintersonnenwende " eut lieu. A la première " Wende " topa brûla des livres français. Il y eut des quêtes régulières au profit du Winterhilfswerk.
L'instituteur alsacien fut remplacé le 1er octobre 1940 par un enseignant allemand : Joseph Rueff. Le 1er nommé dut enseigner en Allemagne à Neckargemünd (arrondissement de Heidelberg). Le poste de l'institutrice fut laissé vacant et son école devint " Parteilokal ".
La bibliothèque scolaire existante fut remplacée par une collection de livres allemands...
Au moment de l'entrée des troupes allemandes, celles-ci construisirent un pont provisoire en bois, qui fut remplacé plus tard par un autre plus solide. Les deux anciens fours à chaux de la carrière furent remplacés par cinq nouveaux plus grands.
Les Allemands favorisèrent l'arboriculture. Ils donnèrent des subventions pour l'acquisition d'appareils pour le traitement des arbres, et organisèrent des réunions instructives.
Le curé resta en place, et les cloches ne furent pas enlevées.
Plusieurs jeunes gens et jeunes filles partirent pour l'Arbeitsdienst, puis pour la Wehrmacht. Certains, sont tombés dans l'armée allemande, et d'autres ne sont pas revenus.
Avant l'arrivée des Français, il existait une section FFI dont le chef était instituteur et officier de réserve. A l'approche des troupes françaises vers le 16.11.44 il y eut quelques escarmouches. Le village fut libéré par ces dernières le 21 novembre 1944.
Dans le hall de l'école-mairie, se trouve une plaque de marbre datée de 1940 avec l'inscription " Le 1/460 régiment de pionniers en reconnaissance à la population ". Ce bataillon a séjourné 2 à 3 mois début 1940 dans notre localité. La population l'a hébergé et c'est pour l'excellent accueil que cette plaque a été offerte par les militaires.

De la petite histoire

A travers l'histoire du village on peut relever, depuis qu'il y a des journaux, des faits divers assez cocasses...
Ainsi, en 1836, Monsieur Jérôme LEVY, propriétaire à Altkirch, agissant en qualité de cessionnaire de J.J. Sutter, cabaretier de Tagolsheim, attaque le conseil municipal. En effet, en février et mars de cette année, le maire et son conseil ont fait une dépense de bouche au cabaret Sutter pour 226,00 F. Ils ont payé un acompte de 10,00 F. mais pas le solde.
Le journal de l'arrondissement d'Altkirch rapporte aussi à la date du 15.02.1873, un accident de chemin de fer du 11 février 1873. Le train venant de Paris déraille entre Walheim et Tagolsheim. Un général prussien, commandant la place de Belfort en sortit quitte pour la peur ! Les ouvriers de l'établissement Schmerber travaillent trois heures pour dégager le machiniste vivant, mais contusionné et avec une main en moins.
Parmi les voyageurs se trouvaient beaucoup de personnes rentrant de la foire de Dannemarie. Le Maire de Bréchaumont qui a été transporté chez M. le curé de Tagolsheim le crâne brisé, ne survivra pas.
Puis, on rencontre des suicides, des incendies et la disparition de l'instituteur, retrouvé noyé dans le canal près de Colmar.
Plus près de nous, on parle d'un valet de ferme qui séjourne dans une casemate et vit de petits larcins, et j'en passe...

L'école

Nous ignorons la date exacte de la construction de la première école (celle située rue de l'église). Une requête du 13 mars 1775 nous permet de penser qu'elle date du début du 18e siècle. Dans cette requête, Jacques BOLL, bourgeois, bangard (garde-champêtre), juré du village, demande d'être exempté de contribuer aux gages du maître d'école Thiébaut ABY, marguillier du lieu, alléguant qu'il a à sa table son fils étienne Boll ainsi que la femme du suppléant, qui est sage-femme du lieu. Il estime que lui et le maître d'école sont " les deux domestiques de la commune " et " que l'exemple doit être très rare, de voir qu'un domestique est tenu de contribuer aux gages de son domestique " (Hoffmann).
Finalement l'intendant décide que le suppléant fournira la moitié des trois boisseaux de méteil, et des trois miches de pain dûs au maître d'école pour les trois années dernières, et que l'autre moitié sera payée par le juré en exercice, auquel elle sera passée dans la dépense de son compte.
En 1837, les élèves étant en hiver au nombre de 46 ou 48, on décide de transformer en salle de classe la grange et l'écurie de l'ancienne école.
Cette ancienne école se trouvait dans l'actuel jardin, tout près du puits encore existant que Litzler Jacques, puisatier de Riespach, est chargé d'approfondir en 1859.
Une délibération du conseil municipal du 12 mars 1845 décide la construction d'une nouvelle école et d'un logement pour l'instituteur. Pour ce faire, on utilisera en partie l'argent de la coupe de bois de la forêt communale. On décide aussi d'utiliser les matériaux de l'ancienne école.
Le 9 avril 1861 on décide la construction d'un hangar et d'une buanderie près de la maison d'école.
Dans un rapport de l'inspecteur, on peut lire : " projet qui permettra à l'instituteur de faire lui-même sa lessive et de rentrer son bois, sans avoir plus besoin de recourir à l'obligeance de voisins, très éloignés d'abord, et dont la bienveillance est quelquefois douteuse ".
Ce bâtiment abritait également la mairie, (22, rue de l'église).
L'école-mairie actuelle est relativement récente. Elle date des environs de 1930 et était l'atelier d'une ancienne soierie.

Les us et coutumes

De nombreux us et coutumes ont disparu.
La disparition de ces coutumes s'explique par l'influence de la ville et le brassage de population, dû à l'usine la SAGITA. Ainsi le village, en s'agrandissant, a perdu un peu son âme. Ce qui n'est pas tellement le cas du village voisin Luemschwiller, plus retiré. Cependant j'ai relevé les coutumes suivantes, encore vivantes vers 1862 (Jahrbuch für Geschichte, Sprache und Literatur von Elsass Lothringen, p. 163).
Le 1er mai on promenait de maison en maison un jeune homme décoré de fleurs et de branches. Par une chanson il annonçait aux gens le mois de mai. Ces derniers lui offraient du vin, des oeufs et du lard.
A la fin de la journée, tous se rendaient au restaurant pour y festoyer et y danser.
Autre us : Le lundi suivant le mercredi des cendres (Hirschmontag), les femmes font la loi. Elles se rendent dans la forêt pour y couper un chêne et le vendre. L'argent leur revient et elles se rendent au restaurant, pour s'amuser. De plus, dans la rue, elles dérobent aux garçons leurs couvre-chefs, et ne leur rendent que si ces derniers les accompagnent au bistrot, pour boire à leurs frais.
Dans ce même livre on parle des dictons couramment utilisés au village. Relevons-en quelques-uns : quand on entend crier une pie (Elster), cela porte malheur. Quand on consomme des fruits le 24 décembre (Adam et Eve), on attrappe des abcès... On dit aussi que le 4 décembre (fête de Sainte Barbara), on doit placer le greffon d'un pommier dans un vase rempli d'eau, et le placer au chaud : il fleurira à Noël !

" D' BUXKOEPF "

C'est le sobriquet " d' Buxköpf " qu'on a attribué aux villageois. Ceci s'explique aisément, vu la grande quantité de buis qui pousse sur le Buxberg.
J'oubliais de traduire " tête de buis ". Comme le buis est un bois relativement dur, cela traduirait un peu notre entêtement. Mais on trouve ailleurs aussi des gens entêtés...
Une chanson...
Les quelques vers ci-dessous, extraits de Elsässische Ortsneckereien, de Hans Lienhart, 1927, traduisent la satire folklorique :
  • Hoscht isch ne scheene Stadt
  • Z' Frenige isch d'r Baddelsack
  • Z' Illfurth isch d'r Luregibbel
  • Z' Dagelse isch d'r Deckel Driibber
  • Z' Wahle sine d' Role
  • D' Altkircher Schelme soll d'r Deïfel hole !
Les anciens l'ont encore chanté.

Le fantôme de la forêt

(Die Sagen des Elsass, de Paul Stintzi, tome III, p. 33).
On raconte que les promeneurs imprudents et nocturnes risquent de rencontrer un fantôme dans le " Tannhölzle " aux alentours de minuit. Ce dernier les terrorise par son bruit, et des cris perçants...

Les farceurs de Tagolsheim

Chez nous, on aime bien les farces ! On peut lire à la date du samedi 24.09.1892 (Altkircher Kreis-Blatt) qu'un ou plusieurs inconnus ont coupé la queue à trois vaches du restaurant Folzer, sans doute un acte de vengeance, dit l'article, qui ajoute qu'on n'a pas encore trouvé les coupables !

Quelques ennuis de la commune avec des particuliers

Dans une délibération du conseil municipal du 4.07.1849 la commune demande l'autorisation d'intenter un procès à M. Jean Boll, dit de Morand, pour " anticipations " sur le sol de la forêt communale. (Archives départementales).
En 1845 il y eut aussi contestation entre la commune et le sieur Lieby, coiffeur à Altkirch, au sujet des intérêts dûs pour une somme prêtée par ce dernier, pour la construction d'une maison d'école... Une autre fois un dénommé Joseph Kieffer a accaparé un bien communal. Suit un procès. La commune le perd !
Dans son livre : " L'Alsace au XVIIIe siècle, Charles Hoffmann évoque des communautés aisées qui, au bout de quelques années sont devenues des villages déchus, tel fut le cas de Tagolsheim. C'est que la valeur des terres, grande autrefois, y a considérablement baissée.

Les sociétés

La C.M.D.P.

Sa fondation remonte à 1912, et a pour origine les Caisses fondées par Raiffeisen en Allemagne. Au moment de la fondation, les dépôts se faisaient encore en pièces d'or et d'argent, et constituaient souvent une réserve pour l'achat occasionnel d'une parcelle de terre. Pendant la guerre 1914/18, Tagolsheim fut évacué, et les livres de compte furent pris en garde par la Fédération à Strasbourg. En novembre 1921, une assemblée générale se donnait de nouveaux organes d'administration. Le 7 décembre 1929 les habitants de Luemschwiller se joignirent à la Caisse locale. Depuis la caisse a construit un local devenu trop exigu et c'est en 1980 qu'une nouvelle C.M.D.P. a été mise en chantier pour aider et servir encore davantage le prochain.

Les sociétés disparues

Le Vélo-Club

C'est en 1907 que fut fondé un vélo-club à Tagolsheim sous le nom de " Monsbuxia " en l'honneur de la colline de buis. Il connut des hauts et des bas et devait disparaître avec l'introduction du football au village.
Ces dernières années on a essayé de le ressusciter. Ce qui a réussi partiellement !

Société de musique "Union"

Cette société a été fondée en 1923. La fanfare comprenait une moyenne de 25 membres. Elle participa aux différentes manifestations au sein du groupement haut-Rhinois. C'est en 1940, lorsque les Allemands réquisitionnèrent les instruments, que cette société disparut.

Les sociétés actuelles

La chorale

Elle existait déjà avant la 1ère guerre mondiale. Elle connut un nouvel essor après la guerre 1914/18. Par suite de difficultés elle connut une période moins faste pour repartir à nouveau en 1949.
Cette société a vu le jour en janvier 1914 ! Elle regroupe actuellement les pêcheurs de Tagolsheim et Luemschwiller. Elle possède un étang, alimenté par la nappe phréatique et l'ancienne source du Mutzeme au lieu dit " Unter dem Mutzenbach ". Cet étang a une superficie de 85 ares en eau et recèle dans ses eaux principalement des carpes.

La pèche

S'agit-il de l'actuelle maison sise grand' rue n° 22 ? Cela est plus que probable ! Entre temps tout le matériel a été déménagé au dépôt 33, grand' rue (école-mairie). Les pompiers disposent d'une dodge et d'un matériel relativement moderne, par rapport à leurs prédécesseurs !

Le Foot-Ball

L'A.S.T. (Association Sportive de Tagolsheim). Sa création remonte en l'année 1922. Affiliée d'abord à la ligue sportive d'Alsace, (sous-section de l'Avant Garde du Rhin) cette section eut pour premier président Joseph Lauber. L'entraînement eut lieu parfois au Cronenberg, puis au Buxberg. Les trois premières années, on joua sur sept terrains différents. Le terrain actuel est situé dans les Walzenmatten.
Depuis peu l'A.S.T. a une équipe de féminines.

Le Basket-Ball

Le C.S.T. (Cercle Sportif de Tagolsheim). C'est la société la plus jeune. Ce sport a fait son entrée au village en 1970. Le précurseur fut le mini-basket introduit à l'école primaire par l'instituteur. Plusieurs équipes de jeunes évoluent en championnat.

Du coté des hommes du feu

Le corps actuel des sapeurs-pompiers a été créé le 17 mars 1950. Depuis cette date il s'est largement illustré dans le domaine sportif, tant pour le parcours sportif, que pour les cross. Dans nos recherches, nous avons trouvé trace de prédécesseurs.
En effet, la commune fut autorisée le 9 avril 1838 à vendre aux enchères publiques 6 parcelles, au total 45 .a. 70 ca. section A, canton dit " Buxberg Reben ", pour financer l'achat d'une pompe à incendie. Et le 25 avril 1838, la commune passe un accord avec le sieur Charles Kress, fondeur de cloches, fabricant de pompes, pour la livraison d'une pompe à incendie portative de 30 classe, avec les accessoires, pour une somme de 1 117,90 F. (Sutter étant maire), (archives départementales).
Et bien sûr il fallut un abri. Un mémoire du 10 juin 1839 parle d'un certain Morand Wiss de Wittersdorf, qui a exécuté des travaux au corps de garde et participé à la remise en état de la pompe à incendie. Un autre mandat de paiement du 25.07.1839 parle d'un Joseph Hartmann de Wittersdorf, charpentier, qui a travaillé à la construction d'un corps de garde et d'un abri de pompe à incendie. De même un certain Appollinaire Burn d'Illfurth, menuisier de son état, y a exercé ses talents.

Les rivalités avec les villages voisins et plus particulièrement Luemschwiller

Certains anciens du village se souviennent des batailles mémorables à coups de fronde, lançant pierres et autres projectiles, entre jeunes de Tagolsheim et Luemschwiller. C'était pire, croit-on que la fameuse " guerre des boutons ". Parfois de véritables expéditions punitives opposaient ces jeunes en batailles rangées.

C'était parfois à cause d'une fille, ou encore un moyen de se distraire !
Le temps n'a d'ailleurs pas encore entièrement effacé ces rivalités...
En remontant le temps..., nous lisons dans " L'Altkircher KreisBlatt " du 18.08.1888: " Le 16 août au soir éclata une bagarre entre jeunes gens de Tagolsheim un peu ivres et ceux d'Illfurth. Un gars de Tagolsheim reçut tellement de coups et de pavés qu'on dut le porter à Tagolsheim. Par contre un jeune de Tagolsheim, par un coup de revolver, blessa à la mâchoire un autre d'Illfurth ".
Le 20.12.1913, G.K. de Walheim, 16 ans, fut condamné à un jour de prison pour avoir battu et piétiné, au sortir de l'église, K.S. de Tagolsheim.
Un document de 1625 parle déjà des différents qui opposent les communes de Tagolsheim et Luemschwiller, au sujet des limites des deux bans. On y parle d'un différend qui durait depuis longtemps.
Jean Thiébault de Reinach, seigneur de Luemschwiller aurait refusé de planter les bornes séparant les deux communes. Pire, les gens de Luemschwiller auraient envoyé pâturé leurs bestiaux dans le ban de Tagolsheim ! La supplique est adressée par les gens de Tagolsheim par l'intermédiaire des officiers de la seigneurie d'Altkirch, à la Régence d'Ensisheim, pour mettre le repos entre ces deux communautés.

La population

Un des premiers chiffres connu concernant la population du village est de 60 habitants en l'année 1650. Ci-après les recensements de 1801 à ce jour (fournis par l'I.N.S.E.E.).  
Années Nombre d'habitants
1801212
1821264
1826316
1831339
1836348
1841358
1846359
1851435
1856449
1861388
1866368
1871379
1875347
1880349
1885349
1890371
1895368
1900366
1905362
1910368
1921308
1926407
1931426
1936428
1946439
1954452
1962480
1968460
1975625
1981715
La population est en croissance continuelle avec des chutes inexplicables, comme en 1861 (-61) et en 1875 (-32). Les guerres et les épidémies y ont laissé des traces, (en 1921 -60).
Cette population augmente continuellement, du fait de la situation exceptionnelle sur l'Ill entre Mulhouse et Altkirch. En effet plus de 50% des personnes travaillent dans le secteur. (Mulhouse, Illfurth et Altkirch).
Malheureusement le ban n'est pas extensible et d'ici peu la population va se stabiliser.
Une statistique sur la taille des conscrits de 1872-1894 prouve que les " Tagolsheimois " sont plutôt grands. Sur 16 sujets on trouve 8 classés dans la catégorie moyenne (160 à 170 cm) et 8 dans la catégorie " grands " (170 à 180 cm).
(Das Reichsland Elsass-Lothringen Landes und Ortsbeschreibung vom. statist. Bureau des Ministeriums. Erster Teil).

Les vieilles familles

Dans un inventaire de biens de 1701, on trouve les noms toujours existants de Muller, Wolf, Kiefer, et ceux qui ont disparu de : Meyer, Ebby, Ritsch... Peu après, dans un document du 16.06.1715, on trouve de même les noms de Wolff, Kieffer, Meyer. Citons encore pour 1750 : Kief fer, Muller, Maïyer, Wolff, Boll et Bitzberger. Un prénom que portaient souvent les garçons : Léger, en l'honneur du St-patron de l'église de Tagolsheim (ceci s'explique par les liens du village avec l'abbaye de Murbach qui a propagé le culte à St-Léger) a presque disparu!

Quelques maires

Voici quelques noms trouvés sur les pièces officielles des archives :
  • En 1748: Jacques Müller
  • En 1825: Jean-Adam Folzer
  • En 1826: Jean Wolff (près la rivière)
  • En 1837: Sutter
  • En 1847/1852: Meyer
  • En 1855: Jean Schmerber.

La forêt

La forêt couvre les collines : Naegelberg, Buxberg, Semberg, Haubenwald. L'altitude varie entre 300 et 365 m.
La base géologique du sol est constituée par le calcaire à Mélanies de l'oligocène inférieur, recouvert de loess. Cette couverture de lehm confère au sol une bonne fertilité et une fraîcheur satisfaisante.
La commune possède environ 57 ha. de bois, ce qui lui permet bon an mal an une coupe ordinaire. C'est une recette secondaire, surtout que les bois de Tagolsheim ont une mauvaise renommée, souvent injustifiée. En effet pendant la guerre de 1914/18 la forêt qui se trouvait au voisinage de la ligne de front subit d'importants dégâts, à la suite des bombardements. Il arrive qu'on rencontre dans le bois des éclats d'obus, de la " mitraille ", mais de moins en moins, car ces arbres ont été coupés dans leur grande majorité.
Le climat vigoureux relativement humide, favorise certaines essences. Voici pour la forêt communale les principales essences : hêtre 41%, chêne 22%, charme 12%, érable 8%, frêne 3%, résineux 3%, divers (tilleuls, fruitiers...) 11%.
Le chêne pédonculé domine au Haubenwald. Le hêtre bien adapté au sol, devient souvent rouge lorsqu'il atteint un âge avancé. Le frêne se retrouve surtout aux endroits frais. L'érable sycomore est de bonne croissance. Le charme est abondant et envahissant. Le pin noir d'Autriche s'adapte assez bien au sol.
La flore est variée et originale. Une douzaine de plantes sont spécialement citées dans le livre " Flore d'Alsace " de Emile Issler (Strasbourg - Institut de Botanique 1965). Dans le répertoire de M. Robert Specklin (Répertoire bibliographique pour les villages d'Alsace - Strasbourg - Institut de Géographie 1972) on relève les noms suivants : andropogonis-chaemum, bromus africorum, buxus sempervirens, carex alba, digitalis lutea, lathyrus figer, orchis beyrichii, orchis morioides, prunus acida, rosa micrantha, salvia sclarea, teucrium botrys, vicia tenuifolium.

La chasse

Elle est assez giboyeuse : lièvres, chevreuils, faisans et parfois des sangliers de passage.
Elle est louée actuellement à un ressortissant suisse.

Le buis

Il a sa petite notoriété et sa place dans la vie du village.
Il se localise sur le Buxberg (colline du buis), qui est commun à Tagolsheim et Illfurth. C'est une colline calcaire qui semble favoriser son développement. (On raconte que cette plante peut vivre près de six siècles).
Le buis est très recherché avant le dimanche des rameaux. Des marchands viennent encore aujourd'hui acquérir pour une somme modique des sacs de buis qu'ils transforment en bouquets décorés, pour les vendre au marché. Un ancien du village se souvient même que des classes entières sous la conduite de leur instituteur, sont venues s'approvisionner en buis avant les Rameaux.
Certaines paroisses de Mulhouse et bien sûr les jeunes des localités environnantes viennent aussi en chercher pour le dimanche des rameaux. On monte un bouquet sur une perche de bois, et on y ajoute des roses en papier. Le dimanche des rameaux, c'est à qui aura le plus beau bouquet.
Après la messe, on prélevait quelques branches pour les mettre dans la maison (au-dessus d'un crucifix) dans une armoire jusqu'à l'année suivante. On attribue au buis bénit la vertu de protéger la maison contre la foudre, le feu et autres maléfices. 11 arrivait aussi qu'on mette une branche à l'étable pour protéger les animaux contre la maladie.
Le reste du bouquet était planté dans le jardin potager, devant la maison, où il restait jusqu'au samedi saint. Dans le temps, les jeunes et plus spécialement les conscrits ramassaient les bouquets qu'on avait oubliés de rentrer, et ne les rendaient que contre paiement d'un pourboire ou d'un verre de vin !
On mettait également un rameau de buis dans les bénitiers du cimetière, et plus particulièrement pour le jour de la Toussaint et des Trépassés.
Autre utilisation : on confectionnait des balais pour nettoyer les granges en terre battue, les étables ou les maisons.

Le Buxberg

Son sol étant calcaire, donc sec et pauvre, on ne se bat pas pour y louer des terrains. Dans une lettre du 22 germinal an XII de la république française, le sous-préfet demande à ce qu'on fasse des concessions gratuites sur le Buxberg aux habitants de Tagolsheim, car s'il faut payer, les gens ne s'y intéresseront pas ! Le 8 vendémiaire an XIV, Napoléon (depuis le quartier général impérial de Strasbourg) décrète que le maire peut concéder bail de 99 ans à 8 jeunes chefs de famille non " approvisionnés " de biens-communaux, divers quartiers de terrains en friche sur le Buxberg. (Archives de Colmar - Biens communaux - acquisitiosn - aliénations - échanges 1804 - 1879: 268 pièces) !

Dans une délibération du conseil du 20 janvier 1870, ce dernier vote un crédit pour un essai de reboisement à petite échelle des cantons Gronenberg, Semberg et Buxberg. Signalons au passage l'existence du muguet qui fleurit en abondance dans la forêt et particulièrement au Buxberg.

La vigne

Dans le temps, plus qu'aujourd'hui, les paysans vivaient en autarcie, chacun cultivant ce dont il avait besoin. Une statistique de 1899 (Elsass Lothringen, Heitz, N° 1 476) nous apprend qu'à cette date la commune avait 4,5 ha de vignes. Il y en avait certainement davantage au 18e siècle (12,35 ha en 1842). Sous-sol calcaire, exposition à l'est !
Les rendements étaient valables. Le journal du Sundgau du 22.10.1924 rapporte que M. Albert Folzer a récolté 70 hl. de vin nouveau dans son " Hybridenstück ". Il s'agit de vin rouge de qualité très moyenne. Il faut avoir l'estomac " blindé " pour le supporter ! Néanmoins il semble qu'il était apprécié non seulement par les gens d'ici, mais aussi par les nobles de Ferrette qui entre autres faisaient venir leur vin de Tagolsheim, d'après un partage de 1758 (annuaire Sundgauvien 1961, p. 61 - note du Dr Joseph Walch).
Actuellement, il ne subsiste que quelques ares de vigne en friches sur le Buxberg. C'est d'ailleurs la carrière exploitée par les M.D.P.A. qui a acheté les terrains calcaires plantés de vigne.
Seul subsiste un abri de vigne. Dans un compte de l'exercice 1825 (Arch. départementale), on peut lire que les crédits destinés à la construction de la maison pour les gardes vignes ont été annulés.

Quelques particularités

Culture de ver à soie

Aux environs de 1830 M. Léger Foltzer s'adonna à la culture de mûriers pour l'élevage des vers à soie. Mais son entreprise ne réussit pas trop. Il transforma en maison d'habitation la remise où il pratiquait cet élevage. M. Foltzer reçut des médailles à une exposition à Lyon.
Rappelons que ce fut au 18e siècle que l'intendant Sérilly essaya d'introduire cette culture en Alsace. Le seul village de Dachstein possédait 20 000 petits mûriers. Mais ce fut un échec, par manque d'intérêt de la population et en raison de difficultés de langue avec la direction à Lyon (capitale de la soie). (D'après : Extraits de l'Histoire d'Alsace tome II p. 164, de Lucien Sittler).

Recherche de charbon

En 1773, l'ingénieur des mines Dehautchamp, domicilié à Giromagny, à la demande de la Duchesse de Mazarin, fit faire des prospections à Tagolsheim pour y rechercher du charbon (Arch. départementales - Colmar : Houillères d'Illfurth, 1 E 22/15).

L'habitat

La dispersion de l'habitat semble s'expliquer par l'implantation de Tagolsheim au milieu de villages disparus. Par ailleurs les crues de l'Ill semblent avoir repoussé les constructions vers l'est où l'on rejoint l'Ausser-Dorf (ex-Rollingen). Par la suite, l'extension s'est faite le long des routes existantes ou des chemins vicinaux. Les maisons sont pour la plupart récentes et peu nombreuses sont les maisons de pur style alsacien. Dans la rue de l'Ill, l'usine la SAGITA a construit quatre maisons jumelées appelées " la cité ". Une autre maison jumelée se trouve dans la route de Mulhouse et la rue de la Forge.
Certaines constructions anciennes présentent encore des murs en torchis. La maison Bach porte la date de construction de 1768.
Le calcaire des carrières n'a été guère utilisé dans la construction, si ce n'est sous forme de chaux vive qu'on transportait chez-soi, et qu'on mettait dans une fosse creusée au préalable dans la cour : on l'arrosait d'eau pour obtenir la chaux éteinte utilisable pour la construction.

Quelques mots sur le S.N.C.F.

La tranchée du chemin de fer entame à Tagolsheim un talus de Lehm. C'est là entre autres qu'on a trouvé des squelettes (voir par ailleurs).
Dans une séance du conseil municipal en date du 24.03.1871, on augmente l'indemnité du garde de nuit de chemin de fer, M. Resslen.
Le journal de l'arrondissement d'Altkirch du 24.05.1884 rapporte que 120 ouvriers de Walheim, Obermorschwiller, Luemschwiller, Heidwiller et Tagolsheim étaient obligés de prendre chaque matin le train à Illfurth. La plupart de ces derniers travaillaient à la S.A.C.M.
Depuis le 20 mai 1884 ils montent dans le train (partant d'Altkirch à 4 h. 47) à Tagolsheim où l'administration a bien voulu créer une halte.
L'article ajoute : " on souhaite également qu'on puisse expédier à l'avenir le lait et les produits maraichers à partir de Tagolsheim ".

Le syndicat d'eau

C'est à partir de 1933 qu'on envisagea sérieusement l'adduction d'eau au village. La guerre interrompit ces projets.
En 1948 la commune de Tagolsheim décide le captage de la source du Mutzeme. Ces travaux sont achevés en 1949.
En 1954 se forme le syndicat d'eau regroupant outre Tagolsheim, Walheim et Luemschwiller. Il fallut alors construire (1956) un réservoir d'une capacité de 400 m3 situé au flanc d'une colline à Luemschwiller à la côte 342 m., une conduite de refoulement de 650 m., et une station de pompage comprenant une cuve de 125 m3, avec salle des machines. On installa également un appareil de stérilisation, selon le procédé K2. L'eau est stérilisée au chlore (Actuellement cet appareil n'est plus nécessaire, étant donné la propreté bactériologique de l'eau).
Le débit minimum de la source est de 250 1./minute. L'eau est dure en raison de sa contenance élevée en bicarbonates de calcium et de magnésium.
Depuis on a creusé deux nouveaux puits dont le dernier en date en 1980 et qui peut débiter 100 m3/heure.
La source primitive est déviée, alimente l'étang des pêcheurs et permet au passage d'abreuver les vaches dans les pâturages environnants.
Le nouveau puits sera mis en service en 1981, et permettra d'alimenter largement les 2 000 personnes du syndicat et davantage encore.

L'Ill

L'eau a été et restera toujours vitale pour l'homme, même si parfois elle cause des dégâts. Dans notre village aussi, elle a joué un grand rôle et Tagolsheim lui doit son essor. En effet, le 10 janvier 1836, le sieur Ott demande au roi Louis Philippe l'autorisation de créer un atelier et d'utiliser à cet effet la force motrice de l'Ill.
Levée de boucliers des meuniers environnants, et surtout des Tagolsheimois, qui argumentent ainsi :
  • Cette usine favorisera les inondations,
  • elle peut donner lieu à des incendies,
  • enfin les prairies situées à l'aval de l'usine ne pourront plus être arrosées...
La commune s'en mêle, intente un procès, le perd, mais nous y reviendrons en parlant de la SAGITA.
Autre bienfait de l'Ill : l'irrigation. Il y a quelques années encore existait le syndicat d'irrigation comprenant outre Tagolsheim, Walheim où était le siège. C'est à partir de Walheim (où se trouve la jonction du Thalbach et de qu'on irriguait au moyen de fossés les prés de Tagolsheim. Un avocat parisien et un curé auraient été les créateurs de ce syndicat, qui avait un employé spécial chargé de l'entretien des fossés, des écluses. Ce syndicat prélevait une cotisation et plus d'une discorde opposa Walheim et Tagolsheim. Il reste d'ailleurs des traces très nettes dans les deux bans. Cette irrigation a cessé depuis le début du XXe siècle.

Autre utilisation de la force motrice : le moulin.
Nous n'avons pas trouvé trace de moulin sur la carte hydrographique de 1784. Cependant on peut admettre son existence dès cette époque. En effet, on peut lire dans un document du 24.11.1810 (Monuments de l'histoire de l'évêché de Bâle, tome III, Trouillat) : " Chuno Scerbliep de Mulhouse, vend à son frère Jean, administrateur de la chapelle de Soultz, achetant au nom de l'abbaye du Lieu-Croissant une rente de 2 sols, assignée sur le moulin de Tagolsheim. Cette rente faite par devant Ruediger, prévôt de Soultz et le conseil dudit lieu, est scellé du scel de cette ville ".
Où se situait-il ? On suppose : à l'entrée du village à la hauteur du restaurant Folzer. (L'autre famille Foltzer surnommée " s' Ehlers " avait un moulin à huile.) Mais il faudrait pouvoir le confirmer...
Sur la carte de 1784, on peut constater que l'Ill est très large à l'entrée du village, et il semble même qu'on pouvait la passer à gué. Il y avait au milieu des bancs de sable. D'ailleurs le conseil municipal autorise le 21 juin 1819 M. Adam Folzer à combler une partie de l'ancien lit de l'Ill pour en faire un pré à l'entrée du village. Ce pré est nettement visible derrière l'abri-bus, en direction de Mulhouse.
Mais l'eau a aussi ses drames. Le village est souvent inondé. Par le haut, c'est un fossé de décharge venant de Luemschwiller qui inonde les prés alors que l'Ill inonde les caves et les maisons. On se protège comme on peut ! Ainsi en 1870 le conseil municipal acquiert un terrain pour renforcer une digue d'inondation. Il s'agit sans doute du " Damla ", car il ne fait pas de doute les multiples canaux d'irrigation en provenance de Walheim apportaient une eau abondante en cas de crue. Aussi fallut-il protéger le village. C'est sans doute là l'origine du " Damia ".
En l'an 1781 (en hiver) l'Ill a débordé, traversé la route " beim Critzlein " (ce lieu-dit existe toujours), dépassé la digue, et est rentré par les portes d'habitation de Jean Foltzer, le meunier du bas, et Meyer.
On ajoute que de mémoire d'homme on n'avait jamais vu cela. (Nuninger, Illfurth). Non seulement Tagolsheim, mais Illfurth aussi subissait ces fortes crues, au point qu'en 1649 on dut enterrer à Tagolsheim un citoyen d'Illfurth (Pfarr Chronik Illfurth), (le cimetière d'Illfurth étant inondé).
L'Ill a aussi vécu d'autres drames, des suicides, ainsi celui d'un Suisse maître-menuisier, le 3 juillet 1871. On lit dans le Altkircher Kreis-Blatt du 8 juillet 1871: " Le 3 juillet, vers 4 heures du matin, les habitants demeurant près du pont de l'Ill, furent réveillés par les cris poussés par un homme. Il pénétra dans l'eau. Les habitants lui tendirent une perche, il la refusa. Le cadavre a été repêché lundi matin ". Il y en eut bien d'autres...
Nous avons trouvé à la date du 15.10.1881 un relevé de la station pluviométrique de la Société Industrielle de Mulhouse qui indique 110,1 mm. de pluie pour Tagolsheim.
Depuis le cours de l'Ill a été rectifié. En 1968/69, un méandre comblé se trouve incorporé à la zône industrielle. Les inondations ont disparu.

Le Pont de l'Ill

Dans une étude sur le pont de l'Ill, M. Bernard Pflieger en a dressé l'histoire que voici :
A travers son existence, Tagolsheim a connu plusieurs ponts : un premier en chêne, un autre en pierre de taille, un pont provisoire en bois, un deuxième provisoire encore en bois, remplacé enfin par le pont actuel. Le premier nommé fait d'une charpente de chêne a été construit de 1798 à 1800, d'après un plan " vu " par le préfet de l'époque à Colmar, du 8 Floréal, An VIII de la République. Le projet montre un ouvrage de 3 piles, " sur culées de maçonnerie et pierres, à établir sur la rivière de l'Ill, à Tagolsheim, au droit de la chaussée de communication, commerciale, de Colmar et de Brisac au Mont Terrible (actuelle région de Délémont et Porrentruy) par Ensisheim, Mulhouse, Altkirch et Ferrette ".
Après une quarantaine d'années de service, il a fallu songer à son remplacement, vu l'importante vétusté.
Le 19 juin 1839, l'aspirant-ingénieur Frecot de la e inspection de Mulhouse, chargé du service de l'arrondissement d'Altkirch, " dresse un projet de construction d'un pont en maçonnerie de 3 arches en arc de cercle de 8 mètres d'ouverture chacune ". Le 27 juin 1839, le plan a été vu par l'ingénieur-en-chef du Haut-Rhin, M. Leger, et le 24 août 1839, il a été approuvé par le sous-secrétaire d'état des travaux publics.
Les travaux ont été adjugés le 19 novembre 1839, à l'hôtel de la préfecture de Colmar, conformément aux dispositions des ordonnances royales des 10 mai 1829 et 4 décembre 1836 et suivant les conditions générales arrêtées le 28 mars à l'entreprise Joseph Höffler à Altkirch. Une caution de 1 733,33 F. est demandée en même temps à l'adjudicataire par le préfet du Haut-Rhin, M. Bret. Les travaux menés par une centaine d'ouvriers commencèrent en 1840 pour se terminer 3 ans plus tard. La même entreprise également chargée de l'entretien du pont existant s'est plainte vu son état de vétusté, des frais de plus en plus considérables.
Comme partout et comme toujours, il y avait aussi des problèmes de diverse nature à résoudre. Le 1er octobre 1840, l'aspirant-ingénieur Frecot a signalé à son supérieur que les travaux " ne sont pas conduits avec l'activité convenable ". Le 3 mai 1841 M. Thevenot a adressé par l'intermédiaire de l'ingénieur-en-chef, un procès-verbal d'expertise du pont au préfet. Ailleurs, l'entrepreneur Höffler dit que " les différentes crues subites de la rivière d'Ill pendant la campagne de 1841 m'ont fait éprouver des pertes sensibles, en enlevant à différentes reprises les échafaudages et les ponts de service dont tous les bois n'étaient jamais retirés en totalité ".
Höffler procéda en même temps à une rectification de la route aux abords du nouveau pont. Il est également dit " que des moellons de la maçonnerie ordinaire proviendront des carrières de Tagolsheim. En 1843, le pont a été terminé pour un coût total de 76 610,86 F. Il présentait les caractéristiques suivantes : ouvrage de pierre de taille, d'une longueur de 39,80 m., à 3 arches de 8 m. d'ouverture chacune, largeur des entrées du pont : 8,20 m.; largeur intérieure du pont : 7 m., avec un caniveau de 0,80 m. de chaque côté, le tablier repose sur deux piles de 1,20 made largeur chacune et deux culées de 7,30 m. de largeur chacune.
En prévision d'une éventuelle guerre on a dressé de nouveaux plans en novembre 1935, visant à rendre possible la destruction de l'ouvrage. Huits puits ont été creusés : deux d'une profondeur allant de 2,92 m. à 3,05 m. dans chaque pile. Les puits sont fermés par d'épais couvercles en fonte de Pont-à-Mousson.
En 1937, les premiers nuages de la guerre prochaine assombrissent l'horizon. Des bouleversements s'annoncent. Des bouleversements également pour le paisible pont qui sera bientôt chargé de plus de deux tonnes d'explosif (mélinite).
Le 18 juin 1940 à 4 heures du matin, le Génie français, devant l'approche de l'armée nazie, le fait sauter. L'ouvrage puissament chargé, laisse derrière lui d'énormes cratères et la désolation d'un quartier fortement endommagé. La brèche dans cette importante route n'a pas pour autant ralenti l'envahisseur, mais le règlement militaire était formel : " Un dispositif de mine chargé ne doit jamais tomber intact aux mains de l'ennemi ".
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Le pont en 1940, avant sa destruction.

Un pont provisoire en bois est immédiatement jeté par l'occupant. Après de multiples consolidations, il cède la place à un autre pont en bois, beaucoup plus solide, avec des piles sur semelles en béton. Celui-ci remplacé en 1950-51 par un nouveau pont, simple ouvrage d'art en béton, qui n'a rien de commun avec l'imposante construction détruite en 1940. Une seule pile centrale et deux culées supportent le tablier. En même temps, on procède à une nouvelle rectification de la route.
En dehors de ce qui a été dit ci-dessus, il existe un deuxième pont rendu nécessaire par la déviation de la R.N. 427.
Ce pont a été commencé le 5.09.1962. Il a été ouvert à la circulation le 22.08.1963. Quelques chiffres : il y a 24 m. de portée, 14,50 m. de largeur dont 12 m. de chaussée.
Il est à signaler que tous les ponts permettant de franchir l'Ill n'ont pas toujours été construits au même emplacement.
Ainsi il semble que l'un d'eux permettait de franchir l'Ill au niveau de l'actuelle usine SAGITA, non loin du barrage.

La carrière de Tagolsheim

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La carrière en exploitation (L'Alsace, C. Kayser).

Plusieurs carrières furent exploitées. Celle qui l'est encore était de loin la plus importante. Son exploitation débuta fin 19e, début 20e siècle, par un certain Biechelen d'Emlingen, puis fut poursuivie par son gendre Bubendorf d'Obermorschwiller.
Le calcaire était utilisé pour la fabrication de la chaux (deux fours à chaux) et pour l'empierrement des routes. Pour le charroiement du tout venant, on utilisait les chevaux. A proximité se trouvait une écurie, transformée en infirmerie pendant la guerre 1914/18, par les Allemands. (Au dessus de l'entrée il y a deux croix, avec l'inscription SK 33 - 1916 (Sanitäts-Kompagnie).
La chaux vive est utilisée dans la construction. En 1940, les deux fours anciens sont détruits et on construit cinq nouveaux fours à chaux. C'est la société chimique allemande BAYER qui devient propriétaire, Bubendorf devenant gérant.
On installe l'électricité à haute tension. La chaux vive alimente alors les usines chimiques de Thann. Cette dernière société en achète toujours aux Mines Domaniales de Potasse d'Alsace pour fabriquer un lait de chaux qui sert à la neutralisation de leurs eaux acides résiduaires. En 1948, on produit 15 tonnes de chaux par jour. Pour y arriver, il faut 27,3 t. de calcaire, 1,82 kg de pierre ne faisant qu'un kg de chaux vive. Le pourcentage de chaux contenu dans la pierre est d'environ 95%.
Les trous étaient percés par des marteaux percutants rotatifs à main à une profondeur maximale de deux mètres. Actuellement, on utilise une foreuse sur roue percutante rotative à air comprimé qui permet de creuser des trous d'un diamètre 51 mm. avec un avancement de 0,40 m./minute.
On y dépose une charge d'explosif pour abattre le calcaire. Les pierres concassées sont amenées aux fours dans des wagonnets chargés à la main. Chaque four a une capacité de 15 m3 et une profondeur de 5 m.
Au fond se trouve une grande grille où sont déposés les fagots qui permettent l'allumage des couches alternatives de pierre et de coke.
En 48 h., les pierres sont consumées. La chaux vive est mise dans un silo d'une capacité de 80 tonnes. Le coke utilisé était fourni par les houillères de Lorraine.
En 1945, la société des chaux et ciments d'Altkirch exploite la carrière pour le compte des produits chimiques de Thann et fabrique toujours de la chaux vive.
En 1957 les M.D.P.A. (Mines Domaniales de Potasse d'Alsace) rachètent la carrière. Les pierres concassées sont triées suivant leur calibre (50 mm.) et transportées en camions à la mine Amélie I à Wittelsheim, à l'usine de carbonate et bicarbonate, pour la fabrication du carbonate ou bicarbonate de potassium.
Pour la fabrication du carbonate, le calcaire ne rentrant pas directement dans le processus, étant donné qu'on n'utilise que le CO2, extrait du four de cuisson de la pierre, purifié par un lait de chaux au préalable, et qu'on mélange dans des autoclaves au chlorure de potassium, pour l'élimination du chlore restant dans les sels de potasse. Les 80% de chaux restant et non utilisés sont vendus aux Produits Chimiques de Thann.
Les pierres concassées qui n'atteignent pas le calibre 50 mm. sont vendues pour l'empierrement des routes ou chemins.
Quelques chiffres : en 1964: 42 442 t. de pierres abattues -2 camions - (5 voyages/jour) transportent 220 t. à l'usine (en 1980: 40 640 t.)
L'exploitation se fait par banquettes, du 1" avril au 1" octobre. Le four n'absorbant que 65 tonnes par jour, l'approvisionnement est suffisant pour l'année. Le personnel employé se chiffre à environ 8.
Outre l'abri de guerre 1914/18 où se trouve un moteur de 15 CV. pour la fourniture d'air comprimé, il y a un atelier avec des outils et du matériel divers, un refuge avec un petit réfectoire, lavabos et un bureau. Le gisement a une longueur de 180 m. et une profondeur nord-sud de 120 m. Le sondage le plus profond est d'environ 52 m.
Rappelons qu'en dehors de cette carrière, trois autres furent exploitées. L'une se situait derrière la propriété de M. Marc Nass. Elle était propriété communale et fut exploitée une bonne centaine d'années, jusqu'avant la deuxième guerre mondiale. Gratuit pour les habitants de Tagolsheim, et payant pour les autres, venant de Heidwiller jusqu'à Bernwiller, ce calcaire servait à l'empierrement des cours.
Non loin de là où se trouve la maison de M. Aelpler, se trouvait une autre carrière. Enfin, dans la rue de l'église, et toujours accolée au Buxberg, MM. Albert Folzer et Eugène Bach exploitaient conjointement une autre carrière. Les pierres extraites étaient également utilisées pour l'empierrement des cours.

L'usine Sagita

C'est donc le 10 janvier 1836, que le sieur Jean Ott d'Altkirch demanda au roi Louis-Philippe l'autorisation de créer un atelier de taillanderie et maréchalerie et d'utiliser à cet effet la force motrice de l'Ill...
En juin 1835 le conseil municipal donne son accord pour la vente d'un terrain de 45,85 ares pour la somme de 3 000F. Favorable, dans un premier temps à cette installation et y voyant un avantage pour la contrée, le conseil municipal, sans doute sous la pression des habitants, va ensuite s'y opposer !
Que reproche-t-on à M. Ott ?
Le barrage provoquera des inondations, disent les habitants dans une lettre adressée au Préfet le 6.10.1838 : " il est de notoriété publique que souvent des secours efficaces de la part des habitants de Tagolsheim sont devenus nécessaires pour empêcher les glaçons d'endommager le pont d'Altkirch à Mulhouse " !
Le barrage provoquant la congélation des eaux produisant de nombreux et gros glaçons qui endommageront ce pont lors des débâcles...
On parle aussi d'incendies que pourrait provoquer l'usine, qu'on ne pourra plus irriguer les prés au-delà du barrage. Quant aux meuniers situés en aval, ils protestent également (archives de l'usine).
Aussi dans les archives communales à Colmar, trouve-t-on trace de procès intentés par la commune à M. Ott (un document de 48 pages). La commune perd et est condamnée une première fois par la cour Royale de Colmar.
Elle doit payer 6 000F. de dommages et intérêts à Ott. Pour payer, elle est obligée de faire une coupe extraordinaire, et elle vend aussi une inscription de 150F. de rente 5%, qu'elle possède sur l'état...
Néanmoins le 18 septembre 1838, une ordonnance du roi Louis Philippe, donnera l'autorisation à Ott, tout en lui imposant une série de prescriptions...
En 1849, sans doute, l'atelier est acheté par Jean Schmerber père, qui demande par lettre du 28.07.1847 à utiliser comme moteur d'une forge, une chute d'eau qu'il possède sur une dérivation de l'Ill... Sous l'impulsion de Jean Schmerber père et de ses fils l'atelier deviendra usine : agrandissement et modernisation. Jean Schmerber fils créa un marteau à pilon à cames et ressort de renvoi en caoutchouc vulcarisé. En 1862 la maison Schmerber fonda la tuilerie mécanique d'Illfurth, dont les machines étaient fabriquées à Tagolsheim.
Le bulletin n° 114 d'octobre 1851, de la Société Industrielle de Mulhouse nous donne beaucoup de détails sur la fabrication. Les Ets. Schmerber sont d'ailleurs primés. L'établissement obtint une médaille de première classe à l'Exposition Universelle de 1855. (Histoire documentaire de Mulhouse, p. 684).
Cependant un déclin s'amorce après 1914/18, (fermeture de la tuilerie d'Illfurth endommagée pendant la guerre).
En 1923 l'usine fut rachetée par la société " Le Gaz Industriel ".
En 1929 il y a fusion entre " Gaz Industriel " et " Uettwiller et Cie ". L'usine fut encore agrandie. En 1962 la société prend le nom de SAGITA (société anonyme le gaz industriel Tagolsheim-Paris).
En 1970, par suite de difficultés, la MANURHIN (Mulhouse) prit sous sa tutelle l'usine actuelle.
Picture
L'ancien barrage de l'usine (L'Alsace, C. Kayser).

Les fabrications principales sont devenues : des cisailles guillotines et des presses plieuses.
Le nombre de personnes employées varie autour de 120 (58 en 1932 et 158 en 1965). Tagolsheim fournit environ 30% de cette main-d'oeuvre. L'usine qui fonctionnait au départ grâce à l'eau, à la vapeur et à l'aide de moteurs à pétrole, tourne actuellement au courant électrique.

Bibliographie

Archives départementales du Haut-Rhin

  • Administration générale de la commune : contentieux (1831-1855) - (94 pièces).
  • Administration et comptabilité communale n° 332.
  • Affaires militaires : charges de guerre - sapeurs-pompiers (1822-1871) n° 3.
  • Biens communaux : acquisitions - aliénation - échanges (1804 - 1879) - (268 pièces) n° 7.
  • Carte hydrographique de l'Ill entre Walheim et Illfurth, du service des Ponts et Chaussées série C 1249.
  • Carte hydrographique depuis le ban de Wittersdorf jusqu'à Illfurth de 1784 série 1 C 98.
  • Différent Tagolsheim/Luemschwiller (1625 - 1626) E 1286.
  • Economie sociale - agriculture - bêtes mâles - mise en valeur de terrains incultes 1867 - 1870 n° 2.
  • Intendance d'Alsace - culte et affaires de religion : spécification des biens et revenus offerts par la commune et les habitants de Tagolsheim pour l'entretien d'un curé au dit-lieu 1715 (4 pièces) C 1558.
  • Legs et donations (1846 - 1866) 32 pièces.
  • Plan du ban de Tagolsheim C 11 75.
  • Travaux communaux (1838 - 1869) (6 pièces + 133 pièces).

Archives de l'église

  • Cahier des délibérations du conseil de Fabrique depuis 1919 à nos jours.
  • Archives paroissiales à Tagolsheim.

Journaux

  • L'Alsace à Mulhouse depuis 1945.
  • Altkircher Kreis-Blatt (Altkirch 1871 - 1914).
  • Journal du Sundgau (Altkirch 1921 - 1940).
  • Mülhauser Tagblatt (Mulhouse 1940 - 1944).

Revues

  • Annuaires sundgauviens depuis 1933.
  • Bulletin de la société industrielle de Mulhouse, Tome 23 (1850), n° 114 (oct. 1851, p. 320).
  • Caverna : Bulletin de liaison de la société spéologique d'Alsace - A. Glory -1939, n° 26, p. 3.
  • Jahrbuch f tir Geschichte, Sprache und Literatur Elsass-Lothringen 1892 (p. 161, 168, 178).

Livres

  • Benner Edouard : Inventaire raisonné du Fonds Scey-Ferrette-Mulhouse, 1900.
  • Bleicher-Mieg : Les sépultures anciennes de Tagolsheim, bulletin du musée historique de Mulhouse, 1889.
  • Brandt G.: Die Körpergrösse der Wehrpflichtigen des Reichslandes ElsassLothringen - Strasbourg, Trübner, 1898.
  • Caillot Robert : Le Sundgau à l'heure du choix, Mulhouse, CAHR, 1965.
  • Clauss Joseph : Historisches, topographisches Wörterbuch des Elsass, Saverne, Fuchs, 1895 - 1914.
  • Dauzat Albert : Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France. Paris, Larousse, 1963.
  • Ellerbach B.: Der 30. Krieg im Elsass. Mulhouse, Union, 1912 - 1928, 3 volumes.
  • Forrer Robert : Cahiers d'archéologie, 1928 - 29.
  • Gibert André : La porte de Bourgogne et d'Alsace. Paris, Colin, 1930.
  • Glory André : La civilisation du néolithique en Haute-Alsace. Strasbourg (Toulouse), 1942.
  • Goutzwiller Charles : Revue d'Alsace, 1850.
  • Histoire documentaire de l'industrie mulhousienne. Mulhouse, Bader, 1902.
  • Hoffmann Charles : L'Alsace au XVIIP s. Colmar, Huffel, 1899-1907, 4 vol.
  • Issler Emile : Flore d'Alsace. Strasbourg, Institut de Botanique, 1965.
  • Kleiber Wolfgang : Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, band 108, 1969.
  • Kindler von Knobloch : Der alte Adel im Oberelsass. Berlin, Sittenfeld, 1882.
  • Kraus F.X. : Kunst und Altertum im Ober-Elsass, Strasbourg, 1876 - 1892, 4 vol.
  • Langenbeck Fritz : Ortsnamenbewegungen und Ortsnamenwandlungen. Berichte zur deutschen Landeskunde, 1954.
  • Lienhart Hans : Elsässische Ortsneckereien. Colmar, Alsatia, 1927.
  • Meininger Ernest : L'ancienne noblesse de Mulhouse. Mulhouse, Meininger, 1924.
  • Mossnamm Xavier : Cartulaire de Mulhouse. Strasbourg, 1883 - 1890, 6 volumes.
  • O.N.F. : Arrêté d'aménagement forêt de Tagolsheim. Colmar, 1953.
  • Schaedelin Félix : L'émigration révolutionnaire du Haut-Rhin. Colmar, Hartmann, 1937 - 1946, 3 volumes.
  • Schaefer Johann : Die Gefässpflanzen des Kreises Altkirch. Altkirch, 1894 - 95.
  • Schickelé Modeste : Le doyenné du Sundgau. Rixheim, Sutter, 1899.
  • Schoepflin : Alsatia Diplomatica, volume I et II.
  • Sittler Lucien : Geschichte des Elsass. Colmar, Alsatia, 1938 - 1939, 2 volumes.
  • Stintzi Paul : Die Sagen des Elsass. Colmar, Alsatia, 1928 - 1940, 3 volumes. - Die Habsburgischen Güter im Elsass dans Vorderoesterreich, 1958. - Der Sundgau. Colmar, Alsatia.
  • Specklin Robert : Revue de géographie de l'est, 1963 (3), 1964 (1). - Répertoire bibliographique pour les villages d'Alsace. Strasbourg, Institut de géographie, 1972.
  • Stoffel Georges : Dictionnaire topographique du Haut-Rhin. Mulhouse, Bader, 1876.
  • Stouff Louis : Catherine de Bourgogne. Paris, Larose, 1913.
  • Trouillat : Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle. Porrentruy, Michel, 1852 -1967, 5 volumes.
  • Wacker Eugène : Pages sundgoviennes. Colmar, Alsatia, 1947 - 1950, 2 volumes (Gotteshaus Berein zu Tagolsheim, 1763).
  • Walter Theobald : Schloss Heidwiller und seine Bewohner. Strasbourg, 1918.
  • Werner L.G. : L'arrondissement d'Altkirch à l'époque romaine. Mulhouse, 1922. - Bulletin société histoire et sciences naturelles de Mulhouse, n°1, 1932. - Les villages disparus en Haute-Alsace. Mulhouse, 1914 - 1921.
  • Les sépultures franques-mérovingiennes de Tagolsheim. Mulhouse, 1923. - Cahiers d'archéologie, 1922, n° 49 - 52. Willsdorf Christian : Le comté de Ferrette. Thèse de l'Ecole des Chartes, 1951.